Mot du président

Le FICFA a 30 ans!

À titre de président du conseil d'administration, c'est un honneur et un plaisir de célébrer ce 30e anniversaire du FICFA. Le succès intemporel du FICFA est le fruit du travail, de la persévérance et de la passion qui nourrit cette équipe qui a su relever les dé s. Bravo au directeur général Marc Gauthier, à Marie-Renée Duguay pour la programmation, au dévouement inconditionnel de toute l'équipe du FICFA. Nous vous invitons à venir pro ter de ces dix jours exceptionnels de cinéma qui s'offre à nous.

Le Festival international du cinéma francophone en Acadie a acquis une réputation enviée à travers la communauté cinématographique en proposant un large éventail de courts et longs métrages, documentaires, animations, un volet Arts médiatiques et des activités parallèles où tous sont les bienvenus. Le succès du festival ne se mesure pas uniquement en dollars ou au nombre de participants mais aussi en fonction de sa contribution au milieu cinématographique en favorisant les échanges entre cinéastes, réalisateurs, auteurs et passionnés du 7e art. Mentionnons aussi que le succès du festival est intimement lié à l'hospitalité exceptionnelle qui définit le cœur même de la communauté acadienne.

Au nom du conseil d'administration et de l'équipe du FICFA, nous tenons à remercier les bénévoles, cinéphiles, nos partenaires et commanditaires qui rendent possible cet évènement riche en plaisirs et en émotions.

Bienvenue à tous, ami.e.s et fidèles cinéphiles!

Gilles Ratté

Mot du directeur général

Chères et chers cinéphiles,

Nous y sommes - 30 éditions. Je vous présente toutes nos excuses à l'avance car on va vous le répéter souvent. Il faut nous comprendre; nous n'avons pas pu en profiter lors du 25e car trois quarts des infrastructures du festival étaient en rénovation ou en démolition et notre objectif était de maintenir les acquis parmi le chaos plutôt que de crier haut et fort que nous étions arrviés au quart de siècle. En raison de ceci, célébrons le 30e. C'est un beau nombre.

Le FICFA que vous connaissez est né d'une initiative qui se voulait temporaire. En 1987 le Festival des Films du Monde de Montréal (FFM) a reçu le mandat de promouvoir le cinéma francophone dans quelques communautés à l'extérieur du Québec, un projet relié au deuxième Sommet de la francophonie, qui avait lieu la même année à Québec. Le volet Moncton, intitulé Festival de la francophonie et présenté du 3 au 10 septembre, était un énorme succès et les organisateurs locaux ont convaincu le FFM de tenter une deuxième édition en 1988. Ensuite, comme il arrive souvent chez les acadiens, un groupe de gens avec de bonnes intentions et de l'ambiton en quantité industrielle ont pris la décision de continuer de façon indépendante. C'est la Société culturelle régionale Dieppe-Moncton qui sera le gardien du flambeau jusqu'à la création de l'organisme Film Zone et l'adoption du nom actuel Festival international du cinéma francophone en Acadie en 1992.

Lors des premières années, la mission était simple, même si le travail ne l'était point; être un oasis du cinéma francophone sur les écrans du Grand Moncton tout en offrant une programmation variée et de qualité, célébrant le cinéma d'auteur, le documentaire, l'animation, le court et la vidéo d'art. Par contre, il faut toujours voir plus loin. La création des Matinées scolaires il y a plus de vingt ans a permis à toute une génération de jeunes de notre région de découvrir en salle un cinéma dans leur langue. Nous sommes plus que ers d'offrir cette chance à plus de 7000 jeunes du sud du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-écosse en 2016. Le développement du VAM ou volet Arts médiatiques, à partir de 1998, a donné une voix aux artistes des nouveaux médias, qui repoussent les frontières du numérique ou réinterprètent les outils analogiques. Nous célébrons, entre autres, cette année le 20e anniversaire du projet de création en Super 8 Acadie Undergound avec son organisateur la Galerie Sans Nom.

Ces dernières années ont vu la multiplication de nos activités tant à l'intérieur du festival que dans le cadre des Séries FICFA, qui offrent une programmation durant toute l'année, incluant Ciné Aberdeen, l'Acadie suit son COURT, C'est Right Short et notre nouvelle collaboration avec le Service des loisirs socioculturels de l'Université de Moncton, avec lequel nous programmons désormais le Ciné-campus.

En plus des projections, nous cherchons par tous les moyens à offrir la chance aux artistes émergeants de profiter de formations, de résidences ou de participer à des festivals ou autres initiatives au Canada et ailleurs afin de développer leurs connaissances ainsi que leurs réseaux professionnels.

Si nous cherchons constamment des nouvelles façons de permettre la création d'œuvres originales ainsi que les moyens de les diffuser, en 2016 nous portons une attention particulière à l'univers du cinéphile et du critique. Notre nouvelle série web l'Entracte, animée par Jean-Baptiste Hervé, permettra à l'auditoire du FICFA de connaitre davantage les artistes invités et leurs œuvres et avec Jeunes critiques, un projet d'écriture reliant deux groupes de jeunes du secondaire ainsi que de l'université, nous souhaitons démocratiser l'analyse critique des œuvres cinématographiques et donner le goût de la réflexion et du débat aux jeunes cinéphiles.

Ce 30e est le fruit du travail cumulé de divers organismes, quelques milliers de bénévoles, dont plusieurs conseils d'administration, ainsi que plusieurs équipes, dont la mienne, qui me rend très fier même si j'ose rarement le montrer. En plus de tous les remercier d'avoir permis au FICFA d'exister, j'aimerais remercier très sincèrement les cinéphiles qui, d'année en année, permettent à cette célébration du cinéma francophone de non-seulement exister, mais de grandir et d'évoluer. Merci de votre présence et merci d'y croire pendant 30 ans et pour les années à venir.

On se pogne plus tard!

Marc Gauthier

Mot de la directrice de la programmation

Cette 30e édition sera la plus acadienne de toutes avec dix-huit films issus de chez-nous qui seront présentés au cours des neuf jours du festival dans la programmation régulière. Trois soirs de gala au Capitol aux couleurs de l'Acadie, trois grandes premières de portraits de pionniers culturels de l'Acadie moderne. En plus des six moyens et longs métrages, douze courts métrages, dont plusieurs de fiction, viendront compléter cette forte présence régionale.

Du côté québécois, c'est la jeunesse qui débarque. Sur les neuf longs métrages de la programmation régulière, huit premières œuvres. Nous avons découvert plusieurs de ces artistes avec leurs courts métrages et nous sommes ers aujourd'hui de les voir évoluer. De nouvelles voix, de nouvelles histoires et des façons audacieuses de les raconter, la nouvelle génération de cinéastes québécois décape. Et celle qui suit derrière est bourrée de talent aussi, comme en témoigne les dix-neuf courts métrages sélectionnés.

Au niveau international, même si la Franceet la Belgique ont toujours la belle part du gâteau,c'est la Roumanie qui brille cette année. Avec deux films issus de la Sélection oficielle de Cannes et la première mondiale d'un moyen métrage documentaire, ce pays de la Francophonie de l'Europe de l'Est sera très bien représenté.

Si le désir de mémoire prédomine dans les films acadiens, c'est la quête d'authenticité et de sincérité qui semble être le fil conducteur de la programmation de cette30e édition. Peut-être parce qu'à 30 ans, on a envie d'être soi-même...

Marie-Renée Duguay

Mot de la commissaire du volet Arts médiatiques

En ce 30e anniversaire du FICFA, je ne peux m'empêcher de revenir sur toutes mes années au festival. J'en suis à ma 16e édition et je suis toujours aussi heureuse de pouvoir y contribuer. Les choses ont bien changé depuis ma première édition en 2001, l'époque où l'on recevait des soumissions en VHS!

À cette époque-là, il n'y avait pas énormément de production surtout parce qu'aucune formation en cinéma ou en arts médiatiques n'était offerte dans la région. Et ceux qui avaient une pratique en arts médiatiques, nous les avons fièrement présentés. Je pense notamment à Luc Charette, Daniel Dugas et Valérie LeBlanc. Notre programmation était majoritairement composée d'œuvres d'artistes québécois ou français et l'inclusion d'artistes de notre région s'est fait graduellement, à même l'accessibilité des dispositifs vidéo. Par exemple, en chapeautant le mouvement KINO à Moncton, Film Zone a pu offrir un accès à des équipements et des logiciels de montage aux participants intéressés, ainsi, les réalisations étaient présentées au FICFA. Parallèlement, certains artistes visuels ont commencé à intégrer les arts médiatiques dans leurs pratiques, je pense ici à Mathieu Léger et Mario Doucette. Et cette tendance se maintient aujourd'hui lorsqu'on se familiarise avec le travail de Jennifer Bélanger, de Jessica Arseneau ou d'Alisa Arsenault, tous ayant été présentées dans la programmation du volet Arts médiatiques (VAM). Maintenant, les jeunes artistes et la population en général ont facilement accès à tous les outils nécessaires pour réaliser et diffuser un film ou une œuvre en arts médiatiques. Heureusement, ces jeunes artistes seront mieux encadrés dans cette pratique puisque quelques cours en arts médiatiques sont offerts à l'Université de Moncton depuis l'année dernière.

Malgré la révolution numérique, le Super 8 est toujours vivant et il est en vedette à Acadie Underground. Accessible à tous ceux qui veulent participer, le tournage en Super 8 demeure probablement la meilleure manière de découvrir l'art du cinéma. Lors du tournage, il n'y a pas de « undo » ou de « delete », il faut donc planifier chaque séquence et dans le cas d'Acadie Underground, il n'y a pas de montage alors il n'y a pas de deuxième ou de troisième prise. Les films sont projetés comme ils ont été tournés. Depuis 20 ans, c'est la soirée fétiche des festivaliers, la salle est toujours pleine à craquer! On pourrait estimer qu'environ 300 films ont été réalisés à ce jour.

D'autres auront eu la chance de réaliser un film pour le ciné-parc du volet Arts médiatiques, qui avait lieu à l'extérieur du Théâtre l'Escaouette entre 2006 et 2010. Nous y présentions de la vidéo d'art et aussi des films et des projets crées spécialement pour cette soirée. Quel plaisir que nous avions de sortir l'émetteur fm et de servir du popcorn aux spectateurs! Un des moments les plus mémorables a été la présentation de Klaxophonie, une œuvre de Jean-Denis Boudreau, les gens en voiture étaient invités à klaxonner au rythme de notes dé lant sur l'écran...quelle joyeuse cacophonie!

Lorsque nous avons changé les dates du festival de septembre à la mi-novembre en 2011, il était clair que le ciné-parc ne pouvait pas continuer mais qu'il fallait trouver un autre projet de création. Objectifs Obliques est né autour d'un verre avec Amanda Dawn Christie qui a suggéré d'utiliser les cartes de Stratégies Obliques de Brian Eno et Peter Schmidt comme point de départ pour la création d'une œuvre. Depuis le début, il m'a été clair que nous devions inclure des artistes de toutes disciplines et parfois même des gens de d'autres domaines. Certains auront réalisés un film pour la première fois ou la dernière fois, d'autres seront mordus à vie et plusieurs vont intégrer ce médium à leur démarche artistique existante. Nous en sommes maintenant à la 6e édition d'Objectifs Obliques ce qui veut dire que plus de 35 courts métrages ont été réalisés! Quelques-uns de ces films ont fait partie de la sélection Talent tout court de Télé lm Canada au Marché du Film du Festival de Cannes et d'autres sont présentés dans des festivals un peu partout à travers le monde.

Au cours des années, nous avons accueilli deux importants partenaires présentateurs, la Galerie Sans Nom et la Galerie d'art Louise-et-Reuben-Cohen, qui présentent des expositions en parallèle avec le VAM. Nous avons reçu de nombreux artistes professionnels, certains y étaient pour présenter des vidéos d'art, des films, des installations interactives. Bien qu'il soit important de présenter du travail d'artistes dans un contexte plus formel ou traditionnel, nous n'avons pas toujours été limités par les murs d'une galerie. Plusieurs autres lieux ont été exploités pour présenter des œuvres au cours des années, par exemple dans un café ou encore, une fenêtre d'immeuble au centre-ville.

Plusieurs artistes sont venus en résidence à Moncton au cours de mes années au VAM. La résidence d'artiste permet un échange solide entre les artistes et les membres dela communauté. La ville, son paysage et ses habitants deviennent souvent une source d'inspiration pour les artistes, quelques-uns s'étant inspirés de notre fameuse rivière, d'autres du Centre culturel Aberdeen. De tous les artistes qui sont passés, la plupart sont devenus des amis et ils sont les meilleurs ambassadeurs pour notre ville et notre festival.

C'est en 2010, que nous présentions la première édition de Séances éphémères, une soirée de performances audiovisuelles en temps réel. Au l des ans, nous avons eu la chance de côtoyer des professionnels du métier qui ont partagé leurs expertises par l'entremise de conférences et de formations en VJing et en mapping vidéo. Ce partage a éventuellement mené à la création du Laboratoire du VAM. Sa mission est de permettre à des artistes de découvrir, d'apprendre et de jouer avec des logiciels et d'autres applications digitales ou analogues en explorant la fusion de différentes techniques artistiques et les lieux de diffusion.

En somme, autant le volet Arts médiatiques permet aux artistes professionnels de présenter leur travail, autant il permet à d'autres d'explorer et d'apprendre et il va continuer à le faire. C'est un tremplin. Sur ce, je vous invite à découvrir la programmation du volet Arts médiatiques de cette édition! Vous y trouverez 4 expositions, des performances audiovisuelles, des projections Super 8, des ateliers et de tout nouveaux films!

Je vous souhaite un beau festival!

Angèle Cormier