Mot du président

Pour une semaine, la région de Moncton devient le symbole de la diversité culturelle, du désir de se réunir et de partager notre diversité. Pour la 31ème édition du Festival international du cinéma francophone en Acadie, l’équipe nous offre une programmation qui nous amène à mieux comprendre les différences afin de nous orienter vers un avenir meilleur.

D’une édition à l’autre, le nombre de participants, d’invités de marques ne cessent de croître. Le FICFA occupe une place de choix au sein de la communauté cinématographique francophone. Le FICFA nous offre une occasion de rencontrer les artistes reconnus et émergents du monde du 7ème art. Tout cela est rendu possible grâce au travail exceptionnel, nourrit par une passion de l’organisation et de la direction du FICFA.

Au nom du conseil d’administration et de l’équipe du FICFA, je vous souhaite de passer un festival plein de plaisir et de moments forts. Merci a tous nos bénévoles, cinéphiles, partenaires et commanditaires qui rendent possible cette 31ème édition.

Bon festival

Gilles Ratté

Mot du directeur général

Les choses que nous devons faire pour votre festival...

Oui, je dis bien le vôtre. Ce festival appartient à son auditoire; il y a longtemps que ce débat est clos. Depuis sa création sous les néons de 1987, nous le crions haut et fort – le FICFA est aux acadiens et acadiennes cinéphiles. Ceci étant dit, je profite de cette rare occasion où je peux m’adresser directement à vous afin de vous poser la question : Pourquoi vous nous faites travailler si fort?

Au moment où j’écris ces mots, il est présentement 23h52. Ma collègue Marie-Pierre et moi devons quitter Moncton pour Shediac à 7h demain matin afin d’installer l’équipement pour la dernière séance des Matinées scolaires de 2017, la projection de DEMAIN TOUT COMMENCE pour les jeunes de l’École MGR-François-Bourgeois (ça fait 8538 jeunes au total ce mois, en passant). Nos collègues de bureau préparent la billetterie, le matériel promotionnel, communiquent avec nos partenaires et commanditaires et trient le déluge de devis, factures et copies de films qui nous arrivent de tous les coins de la Francophonie. Nos collègues de la programmation confirment des invités et, ensemble avec les gens des communications, se préparent à tout dévoiler lors de notre conférence de presse qui approche à grands pas. De son côté, notre pauvre graphiste travaille sans arrêt sur le catalogue du festival, tout en attendant le mot du directeur général, qui semble incapable de lui remettre ses textes à temps à chaque année.

Alors, vous vous sentez mal? Excellent.

Non, je fais des farces. Ça m’arrive de temps en temps. Pour faire carrière dans les arts et la culture et particulièrement en évènementiel, il est important de maintenir un sens de l’humour. Ça se marie bien à nos tendances masochistes, à l’amour des heures de travail irrégulières et la dépendance aux émotions fortes. Peu importe ce qui nous maintient, nous aimons notre travail et nous espérons que vous aimez son résultat; la 31e édition du FICFA, une célébration de l’image en mouvement, de ses artistes et de ses auditoires, qui renflouent les galeries, les salles de cinéma et de spectacle. Merci d’y croire. Merci d’être là.

Maintenant, amies et amis cinéphiles, je vous prierais de m’excuser, car je dois aller me coucher.

On se pogne plus tard.

Marc Gauthier

Mot de la directrice de la programmation

Cette 31ème édition sera plus ancrée que jamais dans son milieu puisque le Grand Moncton a été une importante source d’inspiration pour les cinéastes acadiens cette année. Une séance Tableaux de Moncton, sera consacrée à ses lieux historiques, à ses coins de rue mythiques et à ses backyards accueillantes. En tout, treize films issus de l’Acadie seront présentés dans la programmation régulière dont Nos hommes dans l’Ouest de Renée Blanchar en ouverture.

Excellente année pour l’offre africaine avec le film familial Wallay du Burkina Faso, Ali, la chèvre & Ibrahim de l’Égypte, le court métrage tunisien On est pas bien comme ça et deux films de la République démocratique du Congo, Debout Kinshasa! et le remarquable Félicité d’Alain Gomis. Un petit coup de projecteur aussi sur l’Arménie avec un programme double composé du court métrage Méditerranée de Nicolas Sarkissian et du long métrage Bravo Virtuose de Levon Minasian, en présence du réalisateur. Cette séance est le fruit d’une collaboration avec le Festival arménien de Moncton.

Du côté de l’Europe, beaucoup de noms connus et attendus : Haneke, Varda, Cantet et Nakache-Toledano, le duo derrière l’immense succès d’Intouchables, qui nous revient avec Le sens de la fête. Du sang neuf aussi avec, entre autres, Petit paysan d’Hubert Charuel, mais surtout avec beaucoup de nouvelles voix de femmes : Jeune femme de Léonor Serraille, caméra d’or de Cannes 2017, le sympathique Avant la fin de l’été de Maryam Goormaghtigh et Kiss and Cry de Lila Pinell et Chloé Mahieu, deux films issus de la sélection ACID du dernier festival de Cannes.

Côté québécois, plusieurs noms connus aussi : Léa Pool, Robert Morin, Simon Lavoie et Luc Picard en clôture; mais aussi des nouveaux venus comme Pascal Plante et son premier long métrage Les faux tatouages et Martin Laroche avec Tadoussac. Aussi, une rare occasion de voir un superbe film de genre, Les affamés de Robin Aubert, récipiendaire du titre du Meilleur film canadien au Festival international de Toronto en septembre dernier. Pour la Francophonie canadienne, le deuxième opus de la franco-ontarienne Claudia Hébert et des courts métrages qui parlent de la réalité des cajuns, des francophones de Winnipeg et du rapport à la langue de francophiles.

Puisque le cinéma est souvent un véhicule pour nous permettre d’appréhender l’actualité autrement, nous vous proposons deux films durs mais essentiels, Une famille syrienne du belge Philippe van Leeuw et Le vénérable W. de Barbet Schroeder. À voir aussi, le film Modifié de la néo-écossaise Aube Giroux sur l’étiquetage des OGM au Canada. Plusieurs films qui traitent de la communauté LGBTQ aussi au programme. Entre autres, trois films dans la séance It’s Alright Michel et l’incontournable 120 Battements par seconde, gagnant du Grand Prix au Festival de Cannes 2017.

Je vous souhaite un excellent festival et un merveilleux voyage dans le monde du cinéma!

Marie-Renée Duguay

Mot de la commissaire du volet Arts médiatiques

Il y a quelque chose de très spécial qui se passe ce temps-ci de l’année, c’est le moment où nous nous retrouvons tous avec un programme du FICFA entre les mains, ce programme tout frais qui sent encore un peu l’encre de chez l’imprimeur. C’est le temps d’organiser nos horaires, le temps de mettre les routines de côté pour pouvoir profiter pleinement du festival.

Pour nous, les organisateurs, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de planification et nous sommes en train de peaufiner toutes les activités au programme. Heureusement, nous avons une belle équipe et des bénévoles pour y arriver.

J’aimerais profiter de cet espace pour mettre la lumière sur les vrais « rockstars » du VAM. Ce sont les artistes qui acceptent de réaliser un court métrage avec un micro budget dans le cadre d’Objectifs obliques. Ces productions occasionnent (voir même, imposent!) des rencontres créatives et des alliances qui laissent leurs marques. La communauté se mobilise autour de ces projets, en offrant leur temps, leurs connaissances et leurs talents. Voilà une preuve que nous vivons parmi les gens les plus généreux. Heureusement, le travail accompli ne sera pas sans récompenses puisque plusieurs réalisations voyageront pour être vues ailleurs, que ce soit dans d’autres festivals ou d’autres programmations.

Un autre projet de création, Séances éphémères, prend une toute nouvelle forme cette année. Nous lançons le défi à un groupe de musiciens d’accompagner des films muets lors de leur projection. C’est un croisement de disciplines qui mettra en valeur l’impact que la musique peut avoir sur un film. Et celle-ci sera accentuée par le fait qu’elle sera jouée en direct et d’une manière plutôt improvisée. Encore, ces films sont réalisés avec un budget microscopique par cinq cinéastes de la région. C’est une première pour le VAM et je vous encourage à venir voir comment ça va se passer.

Comment pouvons-nous mieux appuyer ces productions indépendantes dans le futur? C’est une question que je me pose souvent et je souhaiterais trouver un moyen d’améliorer les conditions mises à la disposition et offertes aux artistes à long terme. Déjà, nous travaillons à mieux outiller les artistes en arts médiatiques, en travaillant avec un commanditaire important qui nous prête des équipements pour les tournages. Cette année, nous offrons une formation qui touche à peu près à toutes les étapes de la réalisation d’un film ou d’une œuvre en arts médiatiques.

Les collaborations que nous entretenons avec des organismes tels que la Galerie Sans Nom et la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen viennent enrichir la programmation du VAM. Ils sont des partenaires de longue date qui contribuent fidèlement à notre programmation principalement par la présentation d’expositions mais aussi avec des projets de création comme Acadie Underground et la présentation de films d’art et de conférences d’artistes.

Voilà, c’est l’essentiel de notre programmation. Une programmation qui encourage les rencontres entre les artistes et le public, qui soutient la création et la présentation d’œuvres d’artistes professionnels en arts médiatiques indépendants, qui contribue à l’apprentissage et au partage des connaissances et qui met sur pied des projets servant de tremplin pour les réalisateurs et les artistes émergents.

Je vous souhaite plein de découvertes et de belles rencontres! Bon festival!

Angèle Cormier